Intensité des symptômes du Syndrome de Minor : une corrélation avec les résultats des examens ?
- Asso
- 26 janv.
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Quentin Legois est doctorant en neurosciences, il est aussi kinésithérapeute spécialisé en rééducation vestibulaire. La vidéo que nous partageons avec vous présente ses travaux de thèse de neurosciences portant sur l'évaluation du retentissement symptomatique de la déhiscence du canal semi-circulaire supérieur, en s'appuyant sur des explorations électrophysiologiques.
En d'autres mots : est-ce que l'intensité des symptômes du Syndrome de Minor peut être objectivée à travers des examens médicaux ?
Ce projet de recherche est porté depuis maintenant plusieurs années par le Pr MARX, otoneurochirurgien dans le service ORL, otoneurologie et ORL pédiatrique du CHU de Toulouse.
Cette présentation de thèse en vidéo expose le cadre du syndrome du Minor, les outils d'exploration utilisés et les objectifs de l'étude en cours.
1. Qu'est-ce que le Syndrome de Déhiscence du Canal Semi-Circulaire Supérieur et comment est-il diagnostiqué ?
Un petit rappel ? C’est Lloyd Minor qui décrit le Syndrome de déhiscence du canal semi-circulaire supérieur pour la première fois en 1998. C’est une anomalie anatomique de l'os temporal qui crée une "troisième fenêtre" pathologique au niveau de l'oreille interne, entraînant une variété de symptômes audiovestibulaires.
Le Syndrome de Déhiscence du Canal Semi-Circulaire Supérieur est caractérisé par une anomalie anatomique où le recouvrement osseux au-dessus du canal semi-circulaire supérieur est absent ou très fin ("quasi déhiscence" ou nearly dehiscence).
Normalement, seule la fenêtre ovale et la fenêtre ronde permettent la communication de la capsule otique avec l'extérieur ; la déhiscence introduit une troisième fenêtre pathologique qui perturbe l'équilibre des fluides et des pressions dans l'oreille interne.
La Barany Society a établi en 2021 des critères diagnostiques précis : le ou la patient•e doit présenter au moins un symptôme (hyperconduction osseuse, vertiges/oscillopsie au son fort ou changement de pression, acouphènes pulsatiles), au moins un signe clinique (nystagmus caractéristique, hyperconduction osseuse aux basses fréquences, potentiels évoqués otolithiques (PEO) augmentés en amplitude et seuils abaissés), une preuve radiologique par scan haute résolution, et l'absence d'une autre explication pour la symptomatologie.
2. Face aux symptômes, quels examens pour diagnostiquer un syndrome de Minor ?
Les travaux de thèse de Quentin Legois s'appuient sur trois explorations fonctionnelles majeures pour objectiver le retentissement de la déhiscence. En réalité, leur utilisation (électrocochléographie et la WBT) ne fait pas encore consensus car très peu étudiées. L’objectif du projet de recherche est de voir si ces explorations-là peuvent avoir un intérêt dans l’évaluation du retentissement symptomatique de la déhiscence.
La première est les Potentiels Évoqués Otolithiques (PEO) ou Vestibular Evoked Myogenic Potentials (VEMPs). Ces potentiels sont générés par stimulation acoustique et mesurent l'activité des organes otolithiques (saccule et utricule) : le PEO sacculaire est capté au muscle sternocléidomastoïdien homolatéral, tandis que le PEO utriculaire est capté au muscle oblique inférieur hétérolatéral. Dans le cas d'une déhiscence du canal semi-circulaire supérieur, on s'attend à un abaissement des seuils et une augmentation de l'amplitude des réponses.
La deuxième exploration est l'Électrocochléographie (ECochG), une technique de potentiel évoqué auditif qui s'intéresse à l'activité électrique cocléaire très précoce.
La troisième est la Tympanométrie à Large Bande (Wide Band Tympanometry), qui évalue l'absorbance du complexe tympano-ossiculaire en réponse à des variations de fréquence sonore et de pression.
3. Quels sont les objectifs et l'état d'avancement de cette thèse ?
L'objectif principal de cette thèse est d'étudier la corrélation entre l'intensité des symptômes subjectifs ressentis par les patients et les données objectives des explorations électrophysiologiques et radiologiques.
Pour y parvenir, l'équipe a d'abord traduit et validé l'échelle de Naert, un outil d'évaluation de la sévérité des symptômes. L'étude est de nature multicentrique, avec Toulouse comme centre référent, impliquant également les services ORL de Lyon, Montpellier, Bordeaux et Saint-Denis à la Réunion.
Les patients inclus, présentant une déhiscence unilatérale, sont vus à trois reprises (espacées de 15 jours) pour un recueil de données : évaluation subjective des symptômes (acouphènes, vertiges au son, etc.) via des échelles analogiques et l'échelle de Naert, examen clinique (recherche de nystagmus au Valsalva), et enfin les explorations électrophysiologiques (réalisées sur l'oreille saine et l'oreille déhiscente).
L'étude a déjà obtenu l'accord nécessaire et a commencé ses inclusions, avec 10 patients vus à Toulouse et 4 à Saint-Denis.
En conclusion
La thèse en cours sur la Déhiscence du Canal Semi-Circulaire Supérieur vise à établir des corrélations précises entre les manifestations cliniques subjectives (via l'échelle de Naert), les anomalies radiologiques (taille et localisation de la déhiscence) et les marqueurs électrophysiologiques (PEO, ECochG, Tympanométrie large bande). Cette approche est essentielle pour objectiver le retentissement de cette pathologie et potentiellement affiner les critères diagnostiques et le suivi thérapeutique.
L'étude, en phase d'inclusion, marque une avancée significative dans la compréhension de ce syndrome.
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L'association remercie chaleureusement Quentin Legois pour ses travaux de recherche si précieux.



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